-BONNE ANNEE 2009 A VOUS TOUS ,GAIENS RENCONTRES OU NON , AINSI Q'U A TOUS CEUX DE MA FRIENDLIST/HOTLIST,PASSES,PRESENTS-OU FUTURS,QUE JE NE CONNAIS PAS ENCORE ................................ ^^ ! ! ! !
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-TOUS LES MECS HETEROS ONT ESSAYE,ESSAIERONT,OU AURONT ESSAYE........... DE FAIRE DU MACRAME AVEC L'AUTEUR DE CE BLOG ! ! ! !-CE BLOG SE VEUT UN HOMMAGE RESPECTUEUX A PIERRE GUYOTAT,QUI NE LE LIRA PEUT-ETRE JAMAIS,ET EST PLACE SOUS LE MARRAINNAGE DE JULIE BURCHILL,CELLE QUI ECRIVAIT DANS " THE NEW MUSICAL EXPRESS ",ET "THE FACE ",TOUT AU LONG DES ANNEES 80.............................
THIS BLOG MEANS TO BE A RESPECTFUL TRIBUTE TO PIERRE GUYOTAT,WHO MAY NEVER READ IT,AND ITS GODMOTHER IS JULIE BURCHILL ,SHE OF "THE NME ",AND " THE FACE " THROUGHOUT THE EIGHTIES ............
DIE BLOG WIL EEN HELE VERDACHTIG 'HOMMAGE ' ( FRANS IN TEKST ) TOT PIERRE GUYOTAT,DIE MISSCHIEN WEL NOOIT HET ZOU LEZEN............
J'écoute : Electric Light Orchestra -E.L.O,pour les intimes !-( leur avant-dernier album,"Time",originellement paru en 1984-85,s'écoute toujours aussi bien .......... ! ! ! ! Ne manquez pas"Hold on Tight" -leur hit !-,"The Way Life's Meant to Be","The Lights Go Down"etc.... ! ! ! ! ) Culture Club,"The War Song.",Joan Armatrading,"The Key",1983 (" I Love My Baby",qui ferme l'album,est tout simplement MA-GNI-FI-QUE....... ! ! ! ! ),Catherine Lara,"Comme au Milieu de Nulle Part"( s'il ne fallait ne retenir Q'UNE SEULE chanson de TOUTE sa carriére,à mon avis,ce serait celle-là ............. ! ! ! ! ),Marie-Paule Belle,"L'Amour dans les Volubilis",Bonnie Tyler,"It's a Heartache" ( le pied ! ! ! ! ),Aneka,"Japanese Boy"........ ! ! ! ! !,Time Bandits ," Endless Road " ( 1984 !!!!! ) Je regarde : "Queer as Folk"( je m'identifie à Brian,le"tombeur de mecs"..... : ), "The L-Word"( je m'identifie à Shane,la"tombeuse de filles"..... ),la vidéo d' " Endless Road " ,de Time Bandits ( 1984 !!!! ) Je lis : "Océaniques",roman de Georges Prompt paru en 1982 aux éditions Ramsay-( Georges Prompt fut mon prof d'anglais de cinquiéme, 2 ans auparavant !!!!!!) ,Pierre Guyotat,"Tombeau Pour 500 00 Soldats","Carnets de Bord 1962-1969" ( révéle la personne,l'artiste et le créateur der,riére l'écrivain-On comprend mieux ,aussi,certaines caractéristiques de son oeuvre,notamment concernant"Tombeau Pour 500 00 Soldats",à la lecture. )",Pierre Guyotat;essai biographique",de Catherine Brun,pratiquement toute l'oeuvre de Pierre Guyotat,en fait !!!!,mais aussi"Claudine à l'école", de Colette,"Sugar Rush",Ambition","Married Alive",""Diana","I Knew I Was Right ;Autobiography",de Julie Burchill,"The Boy Looked at Johny ",de Julie Burchill ( avec Tony Parsons )-( Je suis le SEUL Français ,qui connaisse,et qui se régale des livres de Julie Burchill......... ! ! ! ! ) Je bois : Café noisette.................................................. Ceux qui veulent en prendre un avec moi au sortir du lit seront mes amis pour la vie.......................................... :) ! ! ! ! Je cite : " We have met the enemy and he is us"," Pogo "( 60s comic strip..... )." To do a man's work,always send a girl ",Julie Burchill." La liberté,c'est faire ce que l'on doit"................( " Pogo ",la fameuse BD américaine des années 60-repris ,sans le savoir, par un de mes amis de ce site............... ! ! ! ! )," I'd have you know I'm as innocent as the next boy "-"It depends on WHOSE boy you're sitting NEXT to...................... " ( " Pogo ",encore......................... ),"C'est follement amusant ".. . . . . . Je pense : A M-T Beignier,qui me fut une excellente prof d'allemand ,il y a de cela 20 ans ,et qui me donna rétrospectivement la motivation pour mon "coming-out "quelque 15 ans plus tard,ainsi q'ùà ce jeune médecin généraliste de 30 ans ,véritable ," garçon aux yeux d'or " ( pourvu q'ù il n'y ait pas une marquise Eléonore de San Real derriére lui !!!! ) ,rencontré lors d'un week-end pourtant comme les autres ............................^^ .à Jac Goemans,qui vivait dans la merveilleuse VanHeltStocadeStraat,dans la municipalité du" Pijp " à Amsterdam,et qui était ma vraie bouffée d'oxygéne il y a 10 ans ..................................... Sa rencontre,lorsq'ù il habitait rue Dussoubs ,à Paris ,en 91/92,me fut une sorte d'initiation au monde et ( un peu ............................ ) à la culture néerlandophone.....................................Où est-il ? Que fait-il ? Habite-t-il toujours la VanHelt Stocadestraat ............................................... ? -Je suis nostalgique de lui, d'Amsterdam-et ,surtout,de sa maison de la VanHeltStocadeStraat............................................................ .................................-Que je n'ai jamais su ce q'ù était devenu J.quelques 12 ans aprés avoir quitté la Sorbonne et Paris,pour rentrer aux U.S.A !!!!( Comme à l'époque,il avait 22-23 ans,maintenant,il devrait avoir 31 ans !!!!!! )......................................... ! ! ! ! )-A mon mariage avec Julie Burchill.................... Je rêve : que l'on essaye,comme l'a dit Pierre Guyotat dans une interview,que l'on dépasse le cadre étroit et stérile de la famille et du couple ,et que l'on puisse arriver à vivre " avec toute l'humanité ", sans exception..........................a Arnaud,le jeune receptionniste ( 19 ans) du Philbeach Hotel ,a Londres...... Aux mecs de l'école La Fontaine,à Boulogne-Billancourt...................................... ( aprés toutes ces années ,25 années ........................................................ ! ! ! ! )-Que je me marie avec Julie Burchill ;et q' ù elle écrive un livre sur notre mariage aussi grandiose que celui q'ù elle a écrit sur son premier mariage avec Tony Parsons......................................................; ) ! ! ! ! (mis à jour jeudi 9 octobre 2008 à 12:17)
sentir ton torse nu frémissant contre le mien....................
sentir tes mains frémissantes sur mon corps frémissant............
sentir tes lévres s'ouvrir sur mon ventre chaud ,et puis sauter aux commissures de mes lévres,et étouffer ma bouche..........................
méler ma sueur,mon sperme,ma bile ,mes sucs internes aux tiens...............
Editorial de Caroline Fourest,de la revue " Pro-Choix ",dans Le Monde....................................................
Carte blanche
On achève bien l'école publique, par Caroline Fourest
LE MONDE | 28.08.08 | 14h21 • Mis à jour le 28.08.08 | 14h21
Les partisans de l'école privée peuvent se réjouir. Tous ceux qui préfèrent la séparation de l'école et de l'Etat à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qu'ils soient ultracatholiques ou ultralibéraux, ou ultra-les deux, peuvent savourer leur victoire. La guerre scolaire est presque terminée. Et ils ont gagné.
Le ver était dans le fruit depuis l'accommodement Debré de 1959, lorsque l'Etat a permis à l'école privée d'avoir le beurre et l'argent du beurre : le pouvoir de concurrencer l'école publique par la sélection et le soutien financier de l'Etat pour le faire. L'avancée de la démocratisation scolaire a rendu cette concurrence de plus en plus déloyale. Avec un objectif de 80 % au bac, des enfants venant de milieux sociaux défavorisés et des classes surchargées, l'école publique s'est mise à ramer. Pour sauver le niveau, il aurait fallu augmenter le taux d'encadrement et faire baisser le nombre d'élèves par classe. Notamment dans les ZEP. Mais les budgets n'ont pas été à la hauteur des promesses. Au lieu de concentrer ses moyens au service de l'école publique, l'Etat a gaspillé sa marge de manoeuvre en augmentant les crédits alloués à l'école privée. Les vannes sont grandes ouvertes depuis 2004, date à laquelle les collectivités locales ont obtenu le droit de financer sans limites les établissements privés. Les régions de gauche ne sont pas en reste. Alors qu'il existe toujours plus de 500 communes sans école publique, l'Etat et les collectivités financent quasiment à parité la scolarisation d'un élève dans le privé et dans le public. Cela s'appelle déshabiller le public pour mieux habiller le privé.
Pendant ce temps, l'école publique coule. Loin de lui porter secours, l'actuel gouvernement instrumentalise certaines critiques constructives pour en faire le procès idéologique, ce qui semble justifier de la regarder se noyer. L'Etat pourrait profiter du tassement de certaines classes d'âge pour faire baisser le nombre d'élèves par classe, mais il préfère baisser le nombre de professeurs. Résultat, les classes resteront surchargées. Notamment dans les quartiers populaires, où les proviseurs disent pourtant manquer de personnel encadrant. En guise de réponse, le "plan banlieue" prévoit de financer la création de 50 classes confiées à l'école privée, essentiellement catholique. "Jamais l'Etat n'avait autant organisé la concurrence de son propre service public", commente Eddy Khaldi, syndicaliste et enseignant. Il s'apprête à publier un livre qui devrait agiter la rentrée, Main basse sur l'école publique, cosigné avec Muriel Fitoussi (Demopolis). Fouillé et documenté, il retrace de façon parfois glaçante la montée en puissance du lobbying en faveur de l'école privée ; lequel est parvenu à placer des alliés au plus haut niveau des rectorats, de l'Etat, et même de l'éducation nationale, grâce à des réseaux comme Enseignement et liberté, Créateurs d'écoles ou SOS Education. A l'image de deux directeurs de cabinet du ministre de l'éducation nationale sous Edouard Balladur, Guy Bourgeois et Xavier Darcos.
Conformément à la stratégie définie par Créateurs d'école, dont il fut l'un des membres fondateurs, l'actuel ministre de l'éducation nationale ne veut pas de guerre frontale avec l'école publique, mais une "révolution de velours". Juste assez de velours pour éviter une contre-offensive syndicale. Et ce qu'il faut de détermination pour faire avancer sa révolution, ou plutôt sa contre-révolution. Les grèves ne devraient plus être un problème grâce au service minimum, mis en place après un sondage privé décrétant que les Français y sont plutôt favorables... Une enquête opportunément commandée et financée par SOS Education. Avec ce joker, le ministre a les coudées libres. Mais, de toute façon, le plus dur est fait : la suppression de 11 000 postes de professeur dès cette année, 44 000 en quatre ans si ça continue à ce rythme, l'autonomisation des universités, la multiplication des partenariats privé-public, la déréglementation de la carte scolaire... Tout est passé comme une lettre à la poste. Y compris cette confidence d'Emmanuelle Mignon, conseillère du président de la République, rapportée par un journaliste en 2004 : "Je suis pour une privatisation totale de l'éducation nationale." Pourquoi se gêner ?
Dans les cénacles de l'école privée, on prépare déjà la suite : le "chèque éducation", grâce auquel chaque élève recevra directement l'aide de l'Etat pour choisir de s'inscrire dans le privé ou dans le public. Une idée empruntée au modèle anglo-saxon, qui a fait les beaux jours des écoles privées religieuses. Est-ce bien rassurant pour la cohésion sociale et le vivre-ensemble ? Jusqu'ici, l'école confessionnelle sous contrat donne le sentiment de vouloir privilégier l'enseignement au prosélytisme. Mais les temps changent. L'Eglise, qui confie de plus en plus ses missions éducatives à des courants comme l'Opus Dei ou la Légion du christ, milite pour accentuer le "caractère propre", c'est-à-dire le caractère catholique, de ses écoles. Les autres religions ne sont pas en reste. A quoi ressemblera le vivre-ensemble quand un nombre grandissant d'élèves français aura fait ses classes dans des écoles tenues par l'Opus Dei, les Frères musulmans ou les loubavitchs ? C'est à cela que devraient penser ceux qui, à droite comme à gauche, dénoncent volontiers le repli communautaire, mais n'ont aucun courage quand il s'agit de gouverner. Au mépris de cette évidence : l'Etat n'a pas les moyens de favoriser la privatisation et la confessionnalisation de l'enseignement au détriment de son école.
Caroline Fourest est essayiste et rédactrice en chef de la revue "ProChoix"
Bertrand Delanoë s'exprime condamne le fichier Edvige dans une interview au journal Le Monde. "La défense des libertés individuelles est plus indispensable que jamais, dit-il, par exemple quand le fichier Edvige classe les citoyens selon leurs convictions, leur état de santé ou leur identité personnelle. La lutte nécessaire contre la délinquance ou le terrorisme ne justifie pas ce dérapage grave".
Anglican converti, le cardinal Newman est vénéré par les catholiques britanniques. Mais pour certains, le Vatican, qui envisage de le béatifier, cherche à cacher son homosexualité
Mgr Newman était-il gay ? Shocking !
LE MONDE | 29.08.08 | 15h20 • Mis à jour le 29.08.08 | 15h25
LONDRES CORRESPONDANT
x umbris et imaginibus in Veritatem" ("Des ténèbress et des faux-semblants vers la Vérité") : en lisant l'inscription au-dessus de la tombe du cardinal Newman à Rednall, village du centre de l'Angleterre, Peter Thatchell, militant des droits des homosexuels, l'interprète comme le coming out du prélat. Idole des catholiques d'Albion, John Henry Newman (1801-1890) est enterré dans le petit cimetière à côté de son "ami" de trente ans, le Père Ambrose St. John, décédé en 1875.
Le plus célèbre des convertis anglais avait exprimé son souhait d'être inhumé en compagnie d'un homme qu'il avait, selon ses mots, "aimé d'un amour aussi fort que celui d'un homme pour une femme". Au nom de ce testament, Peter Thatchell est parti en guerre contre le Vatican et le cardinal Cormac Murphy-O'Connor, archevêque de Westminster, chef de l'Eglise catholique d'Angleterre et du Pays de Galles.
Activiste de l'aveu public de l'homosexualité des membres du clergé et des personnalités politiques, Peter Thatchell a relancé sa croisade. Dans le cadre du procès de béatification du cardinal John Henry Newman, encouragé par Benoît XVI, le Vatican a obtenu du ministère de la justice l'autorisation de déplacer la sépulture du "serviteur de Dieu" de Rednall à la basilique de l'Oratoire de Birmingham. "C'est une étape indispensable au procès, afin de permettre aux pèlerins de vénérer le futur bienheureux dans un lieu approprié", fait valoir un porte-parole du primat catholique.
Birmingham, deuxième ville britannique, carrefour autoroutier et hôtelier, est mieux équipée pour accueillir les fidèles désireux de rendre hommage à celui qui pourrait devenir en 2009 le premier futur "saint" anglais depuis le schisme de 1534 entre Henry VIII et le Saint-Siège. Ecrasée par une capitale trop proche, la vieille cité industrielle des Midlands rêve déjà des retombées touristiques et commerciales d'un Lourdes à l'anglaise.
"VIOL POSTHUME"
"Cet acte de vandalisme et de profanation viole la volonté expresse du cardinal d'être enterré aux côtés de son amant. L'Eglise catholique, qui hait les gays, veut cacher le fait que son futur saint était homosexuel", proclame Peter Thatchell. Présentant Newman comme un martyr de la cause rose, le président fondateur de l'association OutRage, version britannique d'Act Up, veut que l'Eglise assume publiquement les penchants du cardinal Newman. "Je ne sais pas s'ils ont eu des relations sexuelles, mais ils ont vécu ensemble et se sont aimés."
Dans cette foire d'empoigne, Thatchell a déjà marqué des points. Le quotidien catholique Church Times a interrogé ses lecteurs : par peur d'une nouvelle bataille inutile contre le lobby gay, 20 % seulement approuvent la décision de l'épiscopat.
Le cardinal Newman était-il vraiment un exemple de vie chrétienne, condition sine qua non à sa béatification, probablement suivie d'une canonisation ? La controverse fait rage. Thatchell a réveillé de vieux démons. "Il est idiot de confondre amitié forte et chaste, prévalant à l'époque victorienne dans certains milieux ecclésiastiques, avec une relation gay pleinement assumée, comme on l'entend aujourd'hui", insiste l'Eglise catholique. Dans le Times, la spécialiste des questions religieuses, Melanie McDonagh, qualifie cette campagne de "viol posthume d'une âme sensible par une brute... Le pauvre cardinal avait peut-être ses défauts, mais il ne mérite pas d'être défendu par un Thatchell". D'autres condamnent la tendance de la communauté gay à s'approprier les héros de l'histoire britannique : hier, les militaires Kitchener et Montgomery, ainsi que Disraeli, premier ministre de la reine Victoria ; aujourd'hui Newman.
La polémique sur la prétendue homosexualité du cardinal Newman survient à un mauvais moment pour une Eglise catholique qui a le vent en poupe. Après des années de recul, les catholiques pratiquants sont aujourd'hui plus nombreux que les anglicans grâce à l'afflux d'immigrés polonais, sud-américains ou philippins.
Sans jamais le reconnaître officiellement, au nom du dialogue oecuménique, la hiérarchie catholique entend même profiter de la crise de l'Eglise anglicane menacée de schisme à propos de la sexualité d'une partie de son clergé. L'Eglise catholique attire un nombre croissant d'anglicans conservateurs. La conversion au catholicisme, en août 2007, de l'ex-premier ministre, Tony Blair, anglican de naissance, atteste cette popularité. Lors de sa dernière rencontre avec le pape, le 23 juin 2007, le premier ministre lui avait d'ailleurs offert trois photographies du cardinal Newman, l'un des auteurs préférés de Benoît XVI.
Marc Roche
Article paru dans l'édition du 30.08.08
Pour oublier les soucis,ayez un Coucoudou avec vous............................................................. ^^
Nom d'une pendule, il est huit heures,
Même pas le temps d'une biscotte-beurre,
J'suis en r'tard et le ciel a le cafard.
Nom d'un express que j'prendrai pas,
Mon omnibus s'en va sans moi,
Monsieur Louis va me reparler du pays.
Seulement voilà,
J'suis pas tout à fait comme vous,
Moi, moi j'ai mon Coucoudou
Le p'tit mot magique qui arrange tout.
Ce p'tit mot-là, c'est mon abracadabra,
Ma potion magique à moi,
Il suffit de dire une fois
« Hey, Coudoudou ! »
Et tout va bien tout à coup
« Hey, Coudoudou ! »
C'est mon passe-partout.
« Hey, Coudoudou ! »
Et tout à coup tout va bien,
« Hey, Coudoudou ! »
Plus de pépins !
J'ai carrément deux trains d'retard
Et Monsieur Louis est furibard,
Coucoudou, le v'là doux comme un toutou.
J'ai des dossiers par rigolos,
Je préfère la bulle au boulot,
Coucoudou, le travail c'est fou c'que j'm'en fous.
Quatorze avril, pour en faire un premier août,
Il suffit d'un Coucoudou,
Le p'tit mot magique qui arrange tout.
Monsieur Léon est un p'tit brun pas sympa, (?)
Blond, c'est un casanova
Et je vais lui tomber dans les bras.
Avoir Venise et courir,
Nous deux sur le pont des soupirs,
Pour t'envoler loin d'ici,
C'est très facile, tu dis :
« Hey, Coudoudou ! »
Et tout va bien tout à coup
« Hey, Coudoudou ! »
C'est mon passe-partout.
« Hey, Coudoudou ! »
Et tout à coup tout va bien,
« Hey, Coudoudou ! »
Ça n'engage à rien !
"Nour", feuilleton romantique turc, enfièvre des millions de femmes arabes
"Nour", feuilleton romantique turc, enfièvre des millions de femmes arabes
LE MONDE | 27.08.08 | 16h01 • Mis à jour le 27.08.08 | 16h01
n couvre-feu d'un genre inédit est en vigueur dans les territoires palestiniens occupés. Chaque jour, lorsque l'horloge approche de 22 heures, des milliers de Palestiniennes se pressent pour rentrer chez elles. La cause de ce mouvement de masse n'est pas l'irruption d'une patrouille de soldats israéliens, mais la diffusion du feuilleton "Nour". Produite en Turquie, doublée en dialecte syrien et servie, à heure fixe, par la chaîne satellitaire saoudienne MBC, cette saga familiale est devenue, en quelques mois, la nouvelle série culte des femmes arabes.
Du Maroc à l'Irak, elles sont des millions à se passionner pour les tribulations sentimentales de Nour et Mohannad, les deux tourtereaux de ce soap-opera dont le scénario tient à la fois des "Feux de l'amour" (pour les gros plans sirupeux) et de "Dynastie" (pour l'étalage de luxe et de pouvoir). "Hier, ma soeur m'a virée de chez elle parce que sa série fétiche commençait, raconte Najwa, une fonctionnaire de l'Autorité palestinienne. Chaque soir, il m'est impossible de coucher ma fille de 9 ans avant la fin de l'épisode. Les gens s'échangent des images du feuilleton sur leurs portables. Il y a désormais des vêtements et même des cahiers de vacances à l'effigie de Nour et Mohannad."
La jolie brune aux yeux de biche et son grand blond de soupirant fascinent d'autant plus les téléspectatrices que leur idylle se déroule dans un cadre culturel oriental qui leur est familier. Le phénomène est tel qu'en dépit des coupes opérées par MBC dans la version originale, le mufti d'Arabie saoudite a émis une fatwa contre ce feuilleton jugé "avilissant", affirmant que toute chaîne qui le diffuse est une "ennemie de Dieu et de son prophète".
A Naplouse, en Cisjordanie, un cheikh affilié au Hamas a également vilipendé les audaces de ce programme. Mais à Ramallah, Beyrouth ou Alger, les blâmes des barbus n'ont pas affecté la "Nourmania".
"Ce feuilleton est génial parce qu'il met en scène des traditions qui nous sont proches, comme le respect de la famille, tout en nous exposant à des modes de vie plus occidentaux", dit Nowar, une étudiante de 19 ans, qui craque pour ce "beau gosse de Mohannad".
La série raconte notamment comment une femme avorte sans en parler à son mari et comment une autre décide d'élever son enfant hors mariage. Imbibé d'eau de rose, le script multiplie évidemment les scènes d'intimité amoureuse entre les deux jeunes stars, mais aussi, signe d'originalité, entre des personnages plus âgés, comme le grand-père et sa seconde épouse.
"Ce qui plaît aux femmes, c'est le romantisme dont font preuve les hommes de ce feuilleton, dit Hanan, une mère de famille. C'est quelque chose qui manque beaucoup dans le monde arabe, où les hommes ont le sentiment que pour être virils, ils ne doivent pas exprimer leurs sentiments. De ce point de vue, "Nour" a davantage donné d'assurance aux femmes que toutes les ONG de Palestine qui militent pour leurs droits."
"Nour", feuilleton féministe qui s'ignore, ferment d'émancipation dans une société machiste ? Islah Jad, directrice de l'Institut d'études sur les femmes à l'université de Birzeit, près de Ramallah, nuance l'analyse. "Il est trop tôt pour savoir si ce feuilleton fera changer les comportements traditionnels", dit-elle. Selon elle, la principale raison du succès de la série réside dans sa peinture d'un monde idéal. "Pour une société comme la nôtre, épuisée par l'occupation et déchirée par le conflit entre le Hamas et le Fatah, chaque épisode est l'occasion d'une échappatoire, d'une fuite amère loin de la réalité." Et loin du rigorisme des islamistes.
Benjamin Barthe, Ramallah (Cisjordanie)
Article paru dans l'édition du 28.08.08
La grande époque de la FM et des radios libres ( 1980 ),décrite par une chanson-Une époque où nous avions tous pensé pouvoir vivre et accomplir les choses pleinement. . . .
Quand j'étais p'tit garçon
Ma passion pour les sons
Me faisait mettre en pièces
Sans cesse la TSF
Je croyais qu'les speakerines vivaient à l'intérieur
Et faisaient leur cuisine derrière les haut-parleurs
J'aime tous ces bruits qui courent
Et qui me prennent de court
Enfant on me berçait
En 78 tours
Sans bouger de chez moi sur toutes les longueurs d'onde
Les médias me racontent le grand chaos du monde
Et puis y'a cette fille qui parle dans la nuit
Sur 100 MHz, couvrant tout Paris, tout Paris,
Elle murmure entre 2 reggaes
Des histoires étranges, des histoires pas gaies, pas gaies,
J'vis pour elle, c'est mon seul recours,
Radio, mon amour, radio mon amouuur
Et puis y'a cette fille qui parle dans la nuit
Sur 100 MHz, couvrant tout Paris, tout Paris,Sur l'canal éclate le jingle
Je ferme les yeux, je me sens moins seul, moins seul
Stereo, comme un compte à rebours, défilent les minutes,
Radio mon amouuuur
J'les écoute en non-stop, ces stars de la FM
Qui annoncent la météo, les plages de pub que j'aime
Le bulletin des infos, ça c'est moins rigolo,
De voir qu'on se déchire de Bali à Rio
S'il faut souffrir au moins, qu'ça n'soit pas en silence
Sur un rockabilly, en marquant la cadence
Ton chagrin serait tout ptit, et y'a pas d'crise de nerfs
Qu'on ne puisse juguler avec un bon tuneeeeer
Et puis y'a cette fille qui parle dans la nuit
Sur 100 MHz, couvrant tout Paris, tout Paris,
Comme un charme, sa voix me provoque
Un direct au cœur, un électrochoc, électrochoc
Stéréo, voyage au long cours
Radio mon amour, radio mon amouuur
Et puis un beau jour, elle s'est arrêtée
Je n'ai jamais su ce qui s'est passé, s'est passé
Puis un mec, sur sa tranche horaire
Miaulait des conneries sur un ton vulgaire, vulgaire
J'attendais, jamais le retour,
J'attendais toujours, radio mon amouUur
Il n'y a plus cette fille qui me parle la nuit
Sur 100 MHz, couvrant tout Paris, tout Paris,
Disparue entre 2 reggaes
Quelle histoire étrange, quelle histoire pas gaie, pas gaie
Elle perçait l'épaisseur du brouillard
Comme s'il s'agissait d'un simple nuage
Mais il n'y a plus cette fille qui me parle la nuit
Sur 100 MHz, couvrant tout Paris, tout Paris,
J'attendrai toujours, ohhhhh radio mon amouUUUuur
J'ai plus de retour, j'appelle au secours
Ohhhhh radio mon amour.. au secours..
Roselyne Bachelot,l'équivalent français,féminin ,et 2008 ,de Sir Norman Stevas. . . . . : )
L'association de lutte contre le sida Act Up condamne "les paris de Roselyne Bachelot", la ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports qui s'est rendue mercredi au Conseil des ministres avec des sabots en plastique roses aux pieds pour tenir un pari. . . . .
N.B:Mon accroche est rigolote,mais le fait est q'ù elle n'en a malheureusement,semble t-il,vraiment rien à foutre des vrais problémes ! ! ! !
-Tu as la méme profession et le méme prénom que mon grand-pére......................................
-Je me pose la question;ma vie n'est -elle faite que de boucles,ou me faut-il néanmoins mettre notre " rencontre ",quoiq'ù ayant donnée par la suite lieu ,il est vrai, de mon fait,à des rapports trés tourmentés entre nous sur ce site au rang des " hasards favorables ",comme aimait à l'écrire Marguerite Yourcenar dans sa correspondance des années 30.............................................................. : ) ?
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit.
La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.
On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.
Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer.
La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires.
Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.
L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation.
Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien...
Enzo se demande pourquoi il est là.
Pourquoi Saïd a dû partir.
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement. Est-ce l'école que nous voulons ? Le gouvernement a-til reçu un mandat populaire pour cela ? Qu'attendons nous pour réagir ?
Des enseignants en colère qui aimeraient que l'on sache être ambitieux pour l'école. "
cette rentrée 2008 pue déjà, on va attendre longtemps?
-Si des gaiens vivant ( ou non ) en Allemagne connaissent ( ou ont connu ) Rolf Sturmer,ancien libraire aux " Mots à la Bouche ",pourraient-ils lui demander de me contacter sur GA ,pour me redonner de ses nouvelles,ou me faire part de son devenir-vivant/mort.................................................................. ?
-Et q'ù en est-il donc de sa biographie de l'écrivaine azerbaidjanaise Banine ,laquelle fut sa mére adoptive,à laquelle il m'avait dit s'étre attelé lorsque nous nous étions vus il y a de cela cinq ans................................................................ ?
Pour une télé-vision de la télévision,par Christophe Girard
-Pour avoir trempé ,familialement,ainsi que personnellement, parlant,pendant 35 ans et jusq'ù il y a encore peu dans les milieux de la télévision moi-méme,je peux affirmer que ce billet est tout ce q'ù il y a de plus sensé et intelligent.....................................................................! ! ! !
Point de vue
Pour une télé-vision de la télévision, par Christophe Girard
LE MONDE | 23.08.08 | 13h43 • Mis à jour le 23.08.08 | 13h43
e n'est pas parce qu'on regarde beaucoup la télévision qu'on la voit bien. L'évolution principale de la télévision ces trente dernières années est un changement d'ordre technique dont les effets et les conséquences dépassent largement le domaine de la technique audiovisuelle, mais engagent des bouleversements dans la réception, l'interprétation et l'utilisation des images. Il s'agit de la réduction de la durée de chaque plan, qui excède désormais rarement dix secondes.
Le nombre de plans par minute (NPM) a en effet augmenté de façon vertigineuse, du fait de la multiplication des caméras utilisées simultanément, au point que l'unité de mesure d'un plan télévisuel est désormais la seconde. Et alors, dira-t-on ?
Le principal effet d'une telle accélération du flux d'images est d'une part d'interdire tout développement d'une même image ou idée en l'atomisant en une multiplicité d'images ou d'idées plus ou moins disparates, et d'autre part de placer l'esprit du téléspectateur sous tutelle, dans un état de fascination télévisuelle. Cette vitesse des images et ce raccourcissement de chaque plan répondent au besoin économique de l'industrie télévisuelle de tenir le spectateur captif, lequel besoin relève directement ou indirectement, via le critère de l'Audimat, de l'ordre économique de la rentabilité. La télévision ne se conçoit elle-même qu'en termes de parts de marché.
Par conséquent, la soumission de la télévision au diktat économique de la concurrence se trahit déjà au niveau du traitement technique des images télévisées. Le montage télévisuel des images ressortit à ce titre à l'univers de la publicité. L'acteur principal n'est donc ni le présentateur ni aucun des acteurs que l'on voit à l'écran, mais le réalisateur à la table de montage qui agit hors champ. Dans la mesure où le travail de ce monteur-réalisateur se limite à ce qu'on appelle au cinéma le montage "cut", qui ne se soucie pas des transitions entre les images, on devrait plutôt l'appeler "coupeur" que monteur. A la télévision, couper l'image est un moyen très efficace de couper la parole, voire de détruire la pensée ou de noyer le poisson... Ce saucissonnage des plans rend difficile la production d'une pensée qui ait un peu de continuité. Chaque intervention ne dure pas plus d'une ou deux minutes et se voit elle-même découpée en tranches de cinq secondes !
Si le zapping désigne le fait de sauter d'une chaîne à une autre au gré de son ennui, il manque un terme pour nommer le saut incessant d'une image à une autre à l'intérieur de chaque programme que subissent et les téléspectateurs et les acteurs selon l'humeur du "monteur-coupeur". Nous proposons d'appeler "zipping" ce montage "cut" interne aux programmes qui sous-tend la logique commerciale de la télévision et qui transforme tout programme en un spectacle atomisé et tout téléspectateur en plaque cérébrale disponible.
Comment veut-on, par exemple, qu'une émission culturelle digne de ce nom soit possible lorsque les imaginaires, les perceptions et les pensées doivent se soumettre à une durée de plan inférieure à dix secondes ? Si des "philosophes" ou autres "intellectuels" s'y affichent convaincus de transmettre leur pensée au rythme de sept plans disparates par minute (le penseur qui parle, un autre invité qui boit un coup, le présentateur qui tripote ses lunettes...), c'est assez révélateur de l'idée qu'ils se font de ce que c'est que penser. Même si certains ont su y résister et continuer d'inventer aux marges.
Un autre changement révélateur du fonctionnement économique de la télévision et de son objectif principalement mercantile est l'inclusion du public dans le champ de la télévision. Le public est en effet le nouveau personnage télévisuel de ces trente dernières années (il y a bien sûr eu des précurseurs : "L'école des fans" présentée par Jacques Martin, "Champs-Elysées" animé par Michel Drucker et avant lui Guy Lux et "Intervilles", qui attestent que le service public n'a pas seulement suivi le privé mais a aussi su le devancer).
Il est amusant de remarquer que ce personnage du téléspectateur est d'abord apparu dans les émissions de divertissement pour ensuite se généraliser aux émissions culturelles ou politiques. En montrant à l'écran des gens du public, la télévision a créé chez le téléspectateur anonyme le sentiment fantasmatique de faire lui-même partie, sinon de fait du moins en droit, de la télévision, en d'autres termes d'en être lui aussi. Cela revient pour la télévision à se donner elle-même comme le suprême objet du désir : le rêve de chacun est d'"y passer", telle une étoile, un animateur ou un figurant cathodique d'un soir. Désir d'autant plus fantasmatique que dans la réalité le point d'Audimat (500 000 téléspectateurs) ne connaît pas l'individu mais seulement la masse.
Alors que le téléspectateur d'antan occupait une place clairement extérieure à la télévision, le nouveau téléspectateur ne se vit justement plus comme un télé-spectateur mais se rêve en authentique spectateur. On comprend bien l'intérêt d'un tel procédé qui, en abolissant la distance à l'écran, neutralise tout recul vis-à-vis de la télévision et favorise par là même l'assimilation du (télé-) spectateur aux valeurs et aux attentes de la (télé-) vision devenue spectacle vivant.
De même que le véritable zapping n'est pas tant entre les chaînes qu'entre les plans d'un même programme (le zipping), de même la publicité n'est pas tant entre les programmes qu'à l'intérieur de chaque programme. Je ne parle pas seulement des publicités insérées dans les émissions de jeux ou autres par exemple sous forme de cadeaux, mais des émissions de divertissement ou culturelles qui, sous couvert de "promotion", ne font pas autre chose qu'assurer la publicité des nouveaux produits mis en vente sur le marché : films, spectacles, DVD, CD, livres. Toutes ces émissions sont les têtes de gondoles du supermarché télévisuel : beaucoup de vogue mais guère de vagues, aurait dit Gilles Châtelet.
Si la télévision doit être aussi un service public et pas seulement une activité économique, il faut donc qu'elle se dote d'un observatoire critique télévisé de la télévision qui démonte jour après jour sous les yeux du télé-spectateur les montages vus la veille à la télé pour que l'analyse des causes neutralise la fascination des effets. Cet observatoire aurait pu, par exemple, revenir sur les obsèques d'Aimé Césaire (journal de "Soir 3"), qui, par un montage frauduleux, montrait le stade Pierre-Aliker, où celles-ci se sont déroulées, puis une déclaration de Nicolas Sarkozy enregistrée avant à l'aéroport, puis à nouveau le stade. En donnant ainsi l'impression aux téléspectateurs français que cette déclaration faisait partie des obsèques alors que, sur place, les Martiniquais, eux, avaient vu un président sinon persona non grata du moins simple figurant, la famille du poète n'ayant pas désiré qu'il prenne la parole. Véritable cas d'école de l'utilisation ordinaire du montage fait à l'insu du téléspectateur au nom de l'information !
En outre, la télévision publique doit comporter dans ses statuts un laboratoire d'analyse critique télévisé de la télévision qui, au-delà du démontage critique des programmes vus, expose la technique et la logique économico-télévisuelle (principes, procédés, mécanismes, finalités). Un tel laboratoire est tout autre chose qu'un CSA, qui reste en dehors de l'espace télévisuel et coince de l'extérieur tant bien que mal ses conseils dans un angle de l'écran à la façon d'un logo supplémentaire qui rivalise symboliquement avec ceux de la chaîne consentante. Faute de ces deux instruments, et de la diminution drastique du nombre de plans par minute, la qualité n'est pas autre chose que l'alibi de la rentabilité.
Adjoint au maire de Paris chargé de la culture
Christophe Girard
Article paru dans l'édition du 24.08.08
On a dit et écrit beaucoup de choses sur "Gai Pied", tant ce média a été unique dans l'histoire du mouvement gay. Mais chacun a raconté des choses partielles et pas toujours vraies, réglant ses comptes au passage.
Le fondateur du journal, Jean le Bitoux, est venu aux UEEH qui ont fait le bilan de 20 ans de militantisme, pour nous livrer enfin pour la première fois l'histoire vraie de ce média pas comme les autres.
Un discours dont la vérité referme la parenthèse des "années Gai Pied", rend leur honneur aux journalistes, et évoque les origines des médiocres pratiques que la presse gaie a cru devoir adopter depuis.
Nous remercions Jean de nous l'avoir amicalement confié, et sommes fiers de vous le diffuser.
Le guêpier des années Gai Pied
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Jean Le Bitoux
Fondateur de Gai Pied en 1979 et
démissionnaire en 1983
En avril 1979, lorsque sort dans 2000 kiosques de France le premier numéro du mensuel Gai Pied, la situation politique est extrêmement tendue. Un an plus tôt, les élections législatives ont été perdues par la gauche, contrairement à toutes les prévisions. Giscard a refusé sa grâce au dernier condamné à mort et les mouvements d'extrême gauche sont aussi virulents que victimes de sévères répressions.GLB
Dans ce climat liberticide, de nombreux militants homosexuels décident pourtant de ne plus privilégier l'activisme militant et choisissent de s'investir dans le lancement d'un média de presse d'information, de liaison et de visibilité homosexuelles. Cette présence en kiosque est en effet un défi politique en soi, alors que toute la presse homosexuelle a été interdite l'année précédente et que Libération ou le Nouvel Observateur sont régulièrement traînés devant les tribunaux pour oser publier des petites annonces de rencontre. Ces militants qui vont devenir des journalistes, appartiennent aux GLH, les Groupes de Libération Homosexuels, et principalement au GLH Politique et Quotidien de Paris. De nombreux responsables des GLH dans les régions deviendront les correspondants de Gai Pied.GLB
Quelques mois plus tôt, un camp d'été avait réuni les protagonistes de ce projet, au Maazel, en Provence. Nous avions annoncé ce camp d'été et de travail notamment par une petite annonce dans Libération. La police s'en était inquiétée, qui était venue nous rendre visite dans ce manoir du XVIIe siècle à moitié en ruines que son propriétaire, un ami d'Avignon, nous avait laissé pour l'été avant de le mettre en vente, définitivement haï par tout le pays. Nous y vécûmes à une trentaine, avec une fête tous les soirs. Une nuit, tous les pneus de nos voitures furent lacérés. Sur la place du village, un car de police nous observait ostensiblement à l'heure du pastis. Mais nous avions l'habitude, et nos réunions de travail, en journée, furent très fructueuses. Nous n'avions pas lieu d'être intimidés par une certaine hostilité locale, car ce n'était pas notre premier camp d'été. J'avais déjà chroniqué sur une page entière dans Libération celui de l'année précédente avec nos amis d'Amsterdam les Rooie Flikkers, un rassemblement qui avait également suscité quelques secousses telluriques en plein pays du Quercy.GLB
Pour ce projet de journal, nous disposions du soutien de nombreux intellectuels. Ils avaient été très attentifs à nos années précédentes d'agitation politique, notamment en janvier 1978 lors du festival de films de la Pagode, lorsque nous avons été à la fois victimes d'une interdiction gouvernementale, de l'attaque d'un commando d'extrême-droite et de deux manifestations de rue réprimées par la police, l'une aux Tuileries et l'autre en pleine nuit rue Sainte-Anne.GLB
Guy Hocquenghem et moi-même étions alors candidats à Paris et en campagne pour les élections législatives de mars 1978, avec également Alain Secoué et François Graille. L'attaque du deuxième festival de films gais et lesbiens de Paris, après celui de Frédéric Mitterrand dans le 14e arrondissement, n'était pas anodine car elle nous visait : après avoir frappé les spectateurs et emporté la caisse, les néonazis nous avaient en effet physiquement menacés dans un communiqué de presse. Pendant la campagne nous ne dormions plus chez nous.GLB
Nous demandions principalement l'abrogation de l'article 331 du maréchal Pétain. Notre but : que les médias relaient notre revendication. De nombreux articles de presse concernant nos candidatures nous sauvèrent la mise tandis que nous n'espérions rien du résultat des urnes, n'ayant même pas de bulletins de vote. De son côté, le sénateur Caillavet nous entendit le premier, qui déposa pendant cette campagne électorale une proposition d'abrogation de cette loi vichyste. Les intellectuel/les nous avaient alors soutenu, telle cette pétition concernant nos candidatures homosexuelles, signée notamment par Xavière Gauthier, Arrabal, Jean-Louis Bory, Yves Navarre, Copi, Gilles et Fanny Deleuze, Félix Guattari, René Schérer, Maurice Nadeau, Madeleine Renaud, Christiane Rochefort, Simone de Beauvoir, André Glucksmann, Marcel Carné ou Marguerite Duras. Ils continuèrent donc à nous soutenir. GLB
Au cours d'un de nos dîners d'amitié, je parlai de ce projet de presse au philosophe Michel Foucault. Je maintiens qu'il me proposa lui-même le titre de Gai Pied pour ce mensuel. Il écrivit dans le premier numéro un article sur les homosexuels et le suicide. En outre, avant Gai Pied, pendant Gai Pied et après, il répondit toujours positivement à toutes mes demandes d'entretien. Dans le numéro deux et le numéro trois, un grand entretien avec Jean-Paul Aron interdira également à la censure de frapper. Puis Tony Duvert proposera des mots croisés et Yves Navarre une chronique culinaire. Pour fêter dignement la première année de Gai Pied, Jean-Paul Sartre acceptera un long entretien qui permettra à notre journal d'acquérir une audience conséquente de qualité et de référence au delà de nos réseaux.GLB
Ce "paratonnerre" de soutien intellectuel et culturel de Gai Pied, ainsi solidement mis en place, permit pendant des années, malgré des photos, des récits, des petites annonces ou des opinions qui décoiffaient, à ce journal sulfureux auquel s'identifiait toute une génération, de ne pas être inquiété par la justice. J'ai souvenir qu'un jour, au hasard d'un entretien pour le Gai Pied, le ministre de l'Intérieur Gaston Deferre nous avait fait gentiment savoir en off qu'il nous faudrait des fois relire certaines petites annonces qui risquaient tomber sous le coup de la loi. Et quand, presque dix ans plus tard, un de ses successeurs à l'Intérieur crut avoir enfin la peau de Gai Pied, Charles Pasqua fit une lourde erreur, le ministre de la culture de son propre gouvernement, François Léotard, se désolidarisant de cette censure de presse moraliste d'un autre âge. L'affaire fut enterrée, au dépit de tous les homophobes de la classe politique. GLB
L'équipe fondatrice de Gai Pied avait par ailleurs choisi de faire une coupure entre journalisme et militantisme. Cela ne fut pas toujours bien compris. J'avais pour ma part, au sortir des éprouvantes élections législatives de 1978, démissionné du GLH et signé un témoignage dans Libération au titre d'inspiration situationniste : "De la misère relationnelle en milieu mili-tante". Une fois ce projet de presse ficelé, nous sommes allés dans l'automne 1978 le présenter à une réunion nationale homosexuelle non loin de Lyon où se retrouvaient les GLH des régions et les CHA, le Comités Homosexuels d'Arrondissement de Paris, qui avaient succédé au dernier GLH de Paris, le GLH PQ. Nous avons déclaré que, ce projet étant également professionnel, nous souhaitions dégager du salariat pour consolider cette aventure. L'idée que notre engagement social ose s'appuyer sur du salariat offusqua de nombreux militants homosexuels. La sortie des années soixante-dix était décidément difficile. C'est pourquoi, dans l'été 1979, tandis que la première université d'été de Marseille s'ouvrait et que Gai Pied était déjà en kiosque, Jacky Fougeray, rédacteur en chef de Gai Pied et moi-même décidâmes de plutôt nous rendre à Francfort pour le rassemblement du mouvement homosexuel allemand, dans un campus universitaire avec Gay Pride dans la ville.GLB
Le CUARH fut fondé à cette première UEH de Marseille. Entre les anciens militants de Gai Pied et ceux du CUARH s'exprimera souvent un rapport aigre-doux avec de nombreux droits de réponse. Le CUARH, hormis faire abroger l'article 331, ce qu'il réussit par des manifestations incessantes, décidera de lancer son propre mensuel, Homophonies, sans doute insatisfait de la place que lui laissait le Gai Pied dans ses colonnes. Refusant longtemps de publier des annonces de rencontre ou des nus masculins qui agressaient les lesbiennes du journal du CUARH, Homophonies, alors qu'il abordait vaillamment comme nous la délicate question de la pédophilie, critiquera également l'insuffisante mixité de Gai Pied, ses photos qui exhibaient des sexes masculins et ses petites annonces par trop sexistes, sans vouloir comprendre le défi ainsi porté face à la censure.GLB
Toutefois, tout le temps où je dirigeai Gai Pied Hebdo, une chronique lesbienne fut régulièrement publiée, libre d'expression, et même si nous savions que la proportion de lesbiennes qui lisait notre hebdomadaire était extrêmement minoritaire, de l'ordre de 1 à 2%. Plus largement, j'ajouterai qu'en quatre ans de direction de Gai Pied, je ne subis jamais un procès pour falsification de propos ou pour obstruction à la liberté d'expression. Je m'en honore alors que plusieurs centaines de personnes, connus ou inconnus, publièrent leurs écrits dans Gai Pied entre 1979 et 1983.GLB
Le contenu de Gai Pied se partageait entre l'information internationale, politique et des régions, la critique culturelle, le soutien de nombreux artistes, les petites annonces et le courrier des lecteurs que je suivis personnellement quatre ans durant, échangeant notamment avec le malaise grave de certains d'entre eux. Car pour moi, Gai Pied était d'abord le journal de ses lecteurs. Tous les ans, des rencontres avaient lieu dans les principales villes de France, et je sautais souvent dans des trains pour rencontrer ceux qui ne vivaient pas les facilités de la vie parisienne, pour entendre aussi les critiques de lecteurs qui le trouvaient trop ou pas assez militant.GLB
Question finances, le démarrage de Gai Pied avait bénéficié pour son lancement de traites solidaires concernant l'imprimerie de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Il avait également bénéficié de plus d'un an d'hébergement dans mon appartement du 188 Boulevard Voltaire, temps au bout duquel nous pûmes louer une minuscule boutique au 64 de la rue de la Folie Méricourt avant d'investir, dans les années Mitterrand, le local plus confortable du 45 de la rue Sedaine, toujours dans le onzième arrondissement de Paris. Quant au premier salarié, ce fut le standardiste qui cumulait également les fonctions d'accueil, d'information et d'orientation. Le succès sera au rendez-vous, révélant également des vocations, confirmant des intelligences et des carrières journalistiques. Les ventes mensuelles s'élevèrent à plus de 30.000 exemplaires au printemps 1982.GLB
Un insidieux débat, celui de l'argent, fera basculer l'histoire de ce journal. D'abord très réticent, je finis par admettre qu'un passage à l'hebdo de ce mensuel ne pouvait qu'accroître sa force d'impact au niveau politique et médiatique. Mais le rythme publicitaire s'emballa. On me signala amicalement qu'une publicité valait des milliers de lecteurs potentiels. Il fallait choisir entre un lectorat désormais captif mais pas exponentiel et les ressources faramineuses d'un champ publicitaire qui s'ouvrait. Pourtant, et malgré mes efforts notamment auprès des éditeurs, cette utopie marqua rapidement le pas. La manne publicitaire se limita donc à suivre l'expansion économique du milieu gay dont nous avions ouvert et soutenu bon nombre de nouveaux espaces de liberté en tant que militants, quelques années auparavant. A la direction, m'inquiétant d'une médiocrité qui nous menaçait, un responsable du journal me répliqua : "Après tout, les homosexuels n'ont que la presse qu'ils méritent!". Les lecteurs étaient injuriés, les journalistes étaient humiliés.GLB
Avec le passage à l'hebdo, à l'automne 1982, la publicité gay avait tout envahi : la couverture, des publi-reportages qui copiaient notre maquette, les pages de consommation qui renvoyaient à la publicité, des fausses petites annonces, etc. David Girard y faisait paraître à prix d'or ou par complicité des encarts ("David, 20 ans, masseur") qui ressemblaient fort à de la prostitution. Nous n'avons jamais retrouvé son diplôme de kinésithérapeute au tribunal de commerce. Du coup, de nombreux prostitués demandaient à leur tour à être publiés. En tant que gérant et directeur de la publication, je risquais des peines de prison ferme pour proxénétisme. Je demandais donc la démission du responsable de la publicité, que j'obtins. Mais je n'eus jamais accès aux stratégies des négociations publicitaires. C'est alors que je me posai la question de continuer à être responsable d'un bateau ivre.GLB
L'on indiqua également à l'équipe journalistique qu'il fallait cesser de critiquer des établissements qui annonçaient dans le journal. Certains saunas et certaines boites de nuit, qui annonçaient grassement dans notre hebdomadaire, pratiquaient pourtant le racisme ou la discrimination de l'âge. Politiquement au sens large, ce n'était pas plus simple. La célèbre couverture de Mitterrand avec sa déclaration et l'interrogation sur sept ans de bonheur fut chèrement acquise en direction. Plus tard, lors des massacres de Sabra et Chatila, après une épique protestation, on nous permit de publier in extremis un article qui était resté longtemps bloqué à la direction alors que Le Monde publiait en une un célèbre reportage de Jean Genet sur cette tuerie et présent parmi ces cadavres.GLB
Nous devions cesser d'être politiques. Notre passé militant n'était plus évoqué, même entre nous. Comme un passé honteux, alors que la modernité nous appelait. De plus le rythme hebdomadaire obligeait l'équipe journalistique à écrire pour quatre ou cinq numéros à l'avance. L'actualité n'avait plus de hiérarchie, de sens, de relief alors que le militantisme était en crise et que le sida n'allait pas tarder à faire ses ravages.GLB
En juillet 1983, nous fûmes une trentaine à démissionner de Gai Pied et nous sommes venus nous en expliquer ici, devant l'université de Marseille. Nous avions imprimé en 24 heures un petit journal d'explication intitulé "Gai Pied au cul". Un vote en Assemblée Générale nous avait mis en minorité au terme de batailles frontales d'une rare violence psychique et verbale, assorties de menaces sociales. L'AG avait désavoué la majorité des journalistes. Je fus le seul à la direction à soutenir leur protestation et le seul salarié à démissionner avec eux. Les autres votèrent, notamment les administratifs et les investisseurs, arguant de la fragilité financière du journal contre notre projet de restaurer une éthique journalistique en péril dans cette historique aventure. Mais il était trop tard : Foucault, Fernandez, Aron ou Duvert avaient déjà cessé de collaborer.GLB
Nous démissionnons aussi car nous pensons que nos lecteurs sont abusés chaque semaine. Parmi ceux et celles qui décident de quitter ce journal, il y a Françoise d'Eaubonne, Yves Navarre, Olivier Drouault, Dominique Robert, Yves Edel, Jean Georges, Antoine Perruchot, Angélique Kouroulis, Daniel Guérin. Il y a également la totalité des correspondants régionaux dont Yves Chatelier, Georges Andrieux, Pierre de Ségovia, ou internationaux comme Jordi Petit à Barcelone, Dennis Altmann à Sydney, Philippe Adam à Berlin ou Alain-Emmanuel Dreuilhe à New-York. L'affaire fit grand bruit : dans la presse française, on n'avait jamais vu une telle équipe, soit plus de trente personnes, claquer ainsi la porte, et un fondateur démissionner de son propre journal. Contrairement au procès contre Hersant qui venait d'avoir lieu concernant Le Figaro, notre équipe journalistique ne put faire valoir la clause de conscience. Le tribunal estima sans doute qu'il s'agissait là d'une querelle interne.GLB
Gai Pied va selon moi devenir alors médiocrement parisien, tout juste bon à faire rêver la province comme ceux qui n'osent pas ou ne peuvent pas avoir cette vie de rêve gay, visibles le jour et branchés la nuit. L'ennui s'installe. Les pages de mode succèdent aux confidences érotiques. Des reportages colonialistes nous parlent de garçons pas chers sous le soleil. Un quatre pages photo orne désormais les pages centrales. Des gays épanouis et si possible célèbres se font photographier dans leurs intérieurs parisiens. L'écrivain Jack Thieuloy nous explique que si on drague un mexicain, mieux vaut planquer son porte-feuille. Le suivisme politique fait le reste. Désormais, des milliers de lecteurs n'achètent plus Gai Pied que le rythme hebdomadaire a de plus dérouté. Car il n'y avait pas, loin s'en faut, d'information hebdomadaire de l'homosexualité. A moins que cette décision soit celle de faire cracher quatre fois par mois les annonceurs comme les lecteurs. Un rythme insoutenable. Finalement, on n'achète Gai Pied que de temps en temps, environ une semaine sur trois. Cela dépend aussi de la couverture, et si elle n'est pas sexy ou titre sur le sida, les vente chutent. Gai Pied est dans le piège qu'il s'est construit. Le guêpier que j'avais inventé avec Michel Foucault se refermait sur lui-même.GLB
De son côté, l'équipe sortante tentera de lancer en 1984, dès l'année suivante, un mensuel sur l'identité masculine dans l'axe des réflexions d'Elisabeth Badinter qui écrira un ouvrage fondamental quelques années plus tard intitulé "XY". Avec mon ami Pierre de Ségovia, j'avais par ailleurs suivi aux Hautes Etudes des réflexions sur ce sujet et écrit un essai que nous avions soumis à Michel Foucault pour une préface, mais c'était quelques mois avant sa disparition. Il s'agissait pour nous, comme pour la phrase qui servait d'exergue à Gai Pied, d"échapper au guêpier des ghettos". Travailler par exemple, et non plus seulement au sein d'un média gay, à la question de notre genre davantage qu'à celle de notre spécificité érotique. Malgré ses apparences, ce projet était profondément féministe. Le titre de ce mensuel en kiosque s'intitulait Profils. Il parut avec des articles de Jean Baudrillard, Nicolas Bréhal, Dominique Fernandez, Yves Navarre, Juan Pineiro ou Claude Olievenstein. On y retrouve également les premières contributions de jeunes journalistes comme Christine Bravo ou Christophe Martet. Philippe Brooks avait de son côté retrouvé le dernier interview de Roland Barthes, que nous avons publié.GLB
L'échec de Profils fut patent, qui ne tînt que deux numéros et qui me convoqua devant les tribunaux avec 100.000 euros de dettes potentiellement imputables sur mes biens personnels. En fait, il n'y avait pas de lectorat : les gais s'attachaient de plus en plus à leur fraîche liberté identitaire, et les hétérosexuels n'avaient toujours pas digéré les irruptions sociales du féminisme et de l'homosexualité masculine.GLB
En outre, aucun soutien médiatique ne parla de cette tentative de presse. Les journaux gays ne dirent pas un mot au sujet de cette aventure de presse, sauf évidemment quand le titre fut décédé, pour étrangement regretter qu'une parole ainsi disparaisse. J'avais pour ma part annoncé en 1982 le lancement de Samouraï dans Gai Pied malgré de virulentes réticences de l'équipe de direction : un simple respect d'information, quand bien même cela ferait de la publicité pour un concurrent. La presse homosexuelle utilisa le même procédé d'étouffement quand je lançai ensuite Mec Magazine en 1988 ou la revue culturelle h en 1996, un trimestriel qui existera deux ans et qui est davantage cité dans les ouvrages de réflexion aujourd'hui qu'hier dans les magazines gais d'alors. Aujourd'hui la presse masculine en kiosque, en regard de Profils il y a presque vingt ans, se porte bien. Nous avions eu raison trop tôt, et cela se paye toujours très cher.GLB
Dans l'éditorial de Gai pied au cul, ce journal pirate rédigé par les démissionnaires de Gai Pied et notamment diffusé au sein de l'UEH de 1983, j'avais pronostiqué que le Gai Pied avait désormais son sida. Il survivra toutefois durant presque dix ans, mais sous perfusion financière du minitel, principalement le 3615 GPH, un rendez-vous lucratif complété par Gai Pied voyages, par Gai Pied boutique, ou par des ventes d'albums photographiques à l'échelle européenne. Gai Pied n'était plus qu'une grande surface de consommation, aux rayons fournis, aux antipodes des textes fondateurs du mouvement homosexuel. Pour autant, la concurrence était là, qui menaçait. L'allié d'hier, David Girard, s'était à son tour lancé dans la presse homosexuelle gratuite puis en kiosque, avec pas moins d'une demie douzaine de titres. La direction de Gai Pied se lança alors dans la diffusion dans tous les lieux gais d'un gratuit, Paris Capitale. Ce sera un gouffre financier, comme pour de nombreuses autres aventures de la SARL éditrice de Gai Pied, les Editions du Triangle Rose. Son lectorat, pour un titre toujours leader sur le marché entre 1985 et 1990, se fera contradictoirement de plus en plus restreint. Il est vrai qu'issus d'une première scission de Gai Pied en 1981, Jacky Fougeray, René de Ceccaty, Gilles Barbedette et leur équipe, en lançant Samouraï puis Illico, avaient déjà écorné le monopole de Gai Pied en kiosque.GLB
A partir de 1984, l'équipe restante de Gai Pied rappelle volontiers dans ses colonnes son glorieux passé, mais la censure s'était installée. On évite de citer le nom de quelques fondateurs ou démissionnaires. Pour les dix ans de Gai Pied paraît en 1989 un numéro spécial qui évoque sur des dizaines de pages l'histoire incroyable de ce journal. Le lisant, je réalisai que j'avais disparu, que je n'avais jamais existé. Une protestation de Daniel Defert, parue quelques numéros plus tard, s'étonnera dans le courrier des lecteurs que la direction de Gai Pied ose gommer ceux qui ne leur plaisent pas ou plus en pratiquant le gommage de l'histoire comme les staliniens retouchaient leur photos pour faire disparaître les opposants victimes de leurs purges.GLB
Mais le pire n'était pas encore arrivé. Ma disparition de la mémoire journalistique avait amplifié la rumeur de mon décès par le sida dont certains me savaient atteint. Ruiné et isolé, je ne fréquentais alors plus les lieux gais où se construisent les rumeurs, où se font et se défont les réputations et les jugements à l'emporte pièce. Poussant parfois la porte d'un bar, j'apprenais que l'on était bien content de me voir, m'ayant cru emporté depuis longtemps par l'épidémie. On n'avait pas attendu que je sois mort pour m'enterrer. Parfois, quand d'autres se présentaient à l'entrée de Gai Pied rue Sedaine, des étudiants, des journalistes ou certains chercheurs étrangers qui souhaitaient me rencontrer apprenaient également que je n'étais plus de ce monde.GLB
La protestation de Daniel Defert, fondateur de l'association Aides, ne changea rien à cette détestable attitude, aux antipodes de tout respect des êtres et de l'histoire. Trois ans plus tard, un best off des plus importants articles de Gai Pied fut édité. Si mes entretiens avec Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault figuraient en bonne place, il avait été décidé que je ne devais pas être au courant de cette parution. J'ai souvenir d'avoir perturbé le cocktail de lancement de cet ouvrage au Cirque d'hiver. On finit par m'offrir deux numéros du best Gai Pied avant que je ne sois expulsé par le service d'ordre, mon ami Emeric tentant de s'interposer à toute brutalité supplémentaire.GLB
Je me suis depuis beaucoup interrogé sur la haine, la négation de l'autre et le mépris de l'histoire. Cela a sans doute enrichi mes écritures, dans ces années-là, sur la question de la déportation. Des années plus tard, au début des années 90, quand je rejoignis à nouveau le mouvement homosexuel pour la Gay Pride ou pour le lancement du Centre Gay et Lesbien de Paris, Gai Pied Hebdo était toujours en kiosque, qui ironisa cruellement chaque semaine sur ces réalisations associatives et collectives, attisant les rivalités entre les associations. Parfois le journaliste de Gai Pied restait à la porte de nos discussions tant nous savions le sort réservé à nos initiatives de la part d'un journal qui était pourtant directement issu de la dynamique du mouvement homosexuel.GLB
L'avant dernier numéro de Gai Pied se vendit moins bien que le premier numéro, treize ans plus tôt. Il était temps de fermer boutique, ce qui fut fait en octobre 1992, au 541ème numéro. La pompe financière du minitel n'avait pas cessé d'éponger les dettes et n'en pouvait plus. Ce n'était plus un journal, c'était un média assisté par des ressources indirectes. Le rapport au lecteur était falsifié d'autant. Une dernière formule avait bien été lancée, Eric Lamien ayant eu mandat d'inventer un nouvel axe journalistique, beaucoup plus militant, avec un pliage qui rappelait les premiers numéros. Il s'y épuisa car les militants ne revinrent pas et les derniers lecteurs n'y comprirent plus rien. L'équipe se laissa licencier en obtenant de prendre la parole dans les derniers numéros, chacun racontant son histoire avec Gai Pied. Ce ton émotionnel empêcha sans doute une occupation des locaux ou des procès sanglants comme lors de notre scission. Après quelques dernières tentatives de presse hasardeuses comme Projet X ou Café et après la vente de son réseau minitel, l'empire Gai Pied finit par être liquidé. Reste le débat sur les archives de ce journal, historiquement précieuses même si elles ne fonctionnent plus depuis dix ans. Elles sont actuellement en négociation pour le projet du CADHP, le Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris, qui devrait ouvrir d'ici deux ans dans notre capitale.GLB
De plus, quittant en 1983 la dynamique politique et associative pour une stricte exploitation du créneau gay, Gai Pied ne sut pas très bien quoi faire de sa gestion indirecte de certains rendez-vous de cette génération et à la dérive depuis la fin du CUARH. Un temps, Gai Pied les assuma, ce qui le relia absurdement à son histoire ancienne le bal du 14 juillet sur les quais de la Seine, le guide Gai Pied, le service Gai Pied emploi, le salon des associations gaies et lesbiennes ou un soutien logistique annuel à l'élaboration de la marche homosexuelle.GLB
Plusieurs questions perdurent concernant les "Années Gai Pied" comme on dit parfois. La première d'entre elles concerne le sida. Aurions-nous démissionné si nous avions réalisé l'ampleur de cette épidémie? En 1983, le virus venait tout juste d'être identifié par l'équipe du professeur Montagnié et les voies de la contamination venaient à peine d'être définies, et le test n'existait pas. L'AZT puis les trithérapies étaient encore très loin. Nos amis n'étaient pas encore décédés de façon violente et rapide comme ce sera le cas jusqu'à la fin des années 80. De plus, le débat qui nous avait opposé était un débat politique.GLB
Ce n'était pas un débat de santé publique ou communautaire, comme on a pu le lire par erreur. Nous avions publié dès les premiers numéros de Gai Pied de nombreux dossiers médicaux, mais ils étaient plutôt prophylactiques, autour des MST. D'autres articles étaient axés sur l'histoire de la répression médicale ou sur le coup de main habituel que les médecins et les sexologues fournissaient depuis des décennies aux familles et à l'ordre moral. Concernant ces années, on évoque souvent les écritures hasardeuses du président de l'AMG, l'Association des Médecins Gais, dans Gai Pied. On parle moins de l'interview que j'avais alors réalisé, celui d'un malade du sida, le premier dans la presse française, dès juillet 1982. Les médecins qui écrivaient dans le journal avaient tenté de me persuader de ne pas faire cette rencontre, qui eut lieu chez lui, rue de Clignancourt. Il décédera rapidement. Bien plus tard, après quelques propos irresponsables de Guy Hocquenghem dans Gai Pied, une chronique du quotidien du sida, animée par Franck Arnal et Pierre Kneip sera un véritable soutien pour les personnes atteintes. Nous, équipe sortante, n'avons mesuré que plus tard l'ampleur de la catastrophe. Mais nous n'étions plus à Gai Pied. Et nous avons unanimement regretté que ce journal emblématique de par son lien atypique avec ses lecteurs ne choisisse pas d'être un vecteur convainquant pour être au centre d'une vigoureuse incitation à la prévention contre le sida.GLB
Quelques mois après cette démission collective, les contacts entre ceux qui restaient à Gai Pied et l'association Aides, qui venait de se fonder en 1984, seront catastrophiques. Pour ma part, je m'étais investi comme volontaire à Aides dès 1985, chargé avec Frédéric Edelmann et Jean-Florian Mettetal de l'information dans les bars gays du Marais. En 1985 également, deux ans après notre démission de Gai Pied, nous vînmes à l'Université d'été de Marseille, avec Daniel Defert, où Gai Pied était absent, expliquer ce que nous commencions à savoir et à comprendre du sida, non sans rencontrer de véritables résistances auprès de certains militants.GLB
Plus tard, avec les associations gaies et lesbiennes de Paris, nous pûmes reprendre pied dans une Gay Pride dévoyée par d'uniques slogans publicitaires. Gai Pied n'appelait même plus à participer à la marche. Je fus élu démocratiquement en 1988, avec Catherine Marjollet et Dominique Touillet, au bureau d'une Gay Pride parisienne qui deviendra ensuite nationale et régionale, et qui connait aujourd'hui le succès que l'on sait. L'année suivante, en 1989, pour la première fois, Aides défilera dans la marche ainsi qu'Act-Up, qui venait de se fonder. Le dialogue entre le mouvement homosexuel et celui de lutte contre le sida put ainsi reprendre. Il durera sept ans, avant de se briser à nouveau sur l'opération coup de boule d'Act Up Paris au sidaction de 1996, qui ruina pour longtemps les associations de lutte contre le sida.GLB
Que conclure après ce bref exposé sur l'histoire de Gai Pied, le premier que je fais ainsi devant vous, dix ans après sa disparition et presque vingt après ma démission? Dire qu'il est toujours difficile d'en parler. Peut-être aussi parce que Gai Pied est devenu un mythe. Parce que son lecteur a eu un rapport émotionnel, souvent identitaire avec ce journal. Pour moi, l'aventure de Gai Pied, en tout cas celle que j'ai vécu, entre 1979 et 1983 est une des fiertés de ma vie, dans le sens où ce journal a également donné du courage, des références historiques et culturelles ainsi que les moyens de se rencontrer à ses lecteurs, c'est-à-dire à toute une génération qui osa demander Gai Pied un jour à un kiosquier. Cette aventure était collective et faite d'indéniable courage, d'un côté comme de l'autre.GLB
La scission de 1983 me marque toujours pour ses doses de trahison, de volonté d'oubli, de rejet et d'irrespect fondamental. Le Gai Pied tomba dans le guêpier du consumérisme, de la désinformation et du parisiannisme. L'unique hebdomadaire homosexuel au monde des années 80 et 90, est donc mort pour avoir abandonné son projet social.GLB
Gai Pied appartient à l'histoire d'une génération. Depuis, elle a sans doute vieilli. Mais je préfère me souvenir de cette génération de militants, d'étudiants ou de jeunes enseignants qui se sont investis dans Gai Pied. Car ce journal a de plus été dans le même temps une formidable école de journalisme. Ces journalistes, qui sont restés solidaires, sont aujourd'hui dans tous les médias radio, presse ou télévision importants de ce pays. Mais mon émotion est toujours là car autant les premières années de Gai Pied ont comblé toute une génération avec ce courage de se lancer dans l'écriture et d'autres d'oser l'acheter en kiosque, autant nous restons tristes de cette fin de Gai Pied.GLB
Ce journal ne méritait pas cette fin. J'ai aimé vous le dire.
Banderole pro-tibétaine à Paris: quatre interpellations dont 3 journalistes
AFP
AFP - Samedi 23 août, 13h34
PARIS (AFP) - Des manifestants pro-tibétains ont déployé samedi une banderole près de la façade de l'ambassade de Chine à Paris, et l'un d'eux, ainsi que trois journalistes qui assistaient à la scène, dont un photographe de l'AFP, ont été interpellés, a-t-on appris de source policière.
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Après être montés dans la matinée sur le toit d'un immeuble adjacent à celui de la représentation diplomatique, deux ou trois manifestants, appartenant au collectif "Re-action citoyenne", ont fait descendre le long de la façade leur banderole sur laquelle était inscrit: "China Lives - Tibetans die" (La Chine vit, les tibétains meurent), a constaté le reporter de l'AFP.
Les policiers, en faction dans la rue, sont rapidement montés sur le toit de l'immeuble voisin de celui de l'ambassade de Chine et ont décroché la banderole.
L'un des manifestants pro-tibétains qui a déployé la banderole a été interpellé, ainsi que trois journalistes qui assistaient à la scène, a indiqué plus tard dans la matinée la préfecture de police de Paris.
Un porte-parole de la préfecture de police n'a pas précisé sous quel motif les journalistes, qui ont été transférés au commissariat du 8ème arrondissement, avaient été interpellés. La préfecture a ensuite précisé que les trois journalistes devraient être entendus en qualité de témoins et rapidement relâchés.
Le 6 août, une vingtaine de membres de la même association avaient envahi une boutique du groupe de messagerie UPS à Paris, l'un des principaux sponsors des JO, pour dénoncer les "sponsors des jeux Olympiques de la honte" et réclamer la "liberté pour le Tibet".
Mort de Tony Duvert ( II )...................................................................
Tony Duvert
LE MONDE | 23.08.08 | 14h25 • Mis à jour le 23.08.08 | 14h25
'écrivain Tony Duvert, 63 ans, a été découvert mort, le mercredi 20 août, chez lui, dans le petit village de Thoré-la-Rochelle (Loir-et-Cher). Sa mort remonte à environ un mois. Une enquête a été ouverte, mais il s'agit probablement d'une mort naturelle. Tony Duvert n'avait pas publié de livres depuis 1989. On l'avait presque oublié, et pourtant, il a marqué son époque - les années 1970 - par l'extrême liberté qu'il manifestait dans son écriture comme dans sa vie, par un ton unique, fait de crudité et de grâce, par le rythme de sa phrase, sans ponctuation souvent, emportée par le seul mouvement du désir, capable, comme on l'imaginait alors, de changer le monde.
Né en 1945, Tony Duvert était un hors-la-loi, se sentait un interdit de séjour - titre de l'un de ses premiers livres, paru en 1969 chez Minuit, qui restera toujours son éditeur. Mais la musique à la fois rude et raffinée de sa prose donnait à toutes les déambulations, à toutes les randonnées nocturnes d'un homme qui aimait les hommes une allure d'odyssée funèbre, de promenade presque mythique à force d'étrangeté et de solitude du côté des quartiers les plus sombres des villes.
Dans Le Voyageur (1970), Tony Duvert laisse, avec un sentiment de chute libre et d'absence à lui-même, les vieilles images l'encercler. Dans la campagne noyée par l'hiver et la pluie, les ombres de Karim, tué par sa mère, de Daniel, l'adolescent auquel le narrateur apprend à écrire, d'André, de Pierre et de Patrick, démunis, perdus, recherchent dans le brouillard une douceur et une justice que le monde leur refuse.
C'est peut-être pour les accueillir que Tony Duvert compose ce Paysage de fantaisie, couronné par le prix Médicis en 1973. Dans un orphelinat-maison de passe, les pensionnaires peuvent s'abandonner à toutes les lubies d'un instant, sans jamais de tabou, de regard, de reproche. Il y a dans ce livre une sorte de jubilation amorale, d'allégresse féroce. Et dans le bousculement de la grammaire, des gestes et des scènes, dans l'emportement de la phrase unique, un défi lancé à toutes les conventions littéraires et éthiques. Dans sa joie presque enfantine, c'est comme si Duvert oubliait qu'il était adulte, peut-être même qu'il était écrivain.
Mais c'est dans Journal d'un innocent (1976) que s'exprime, avec le plus d'évidence, cette innocence païenne. Dans un univers sans faute ni souffrance, quelque part dans le Sud, les accouplements se succèdent avec un naturel total, absolu. Il n'y a que la peau et le soleil, la simple adoration du désir : et on dirait que Tony Duvert s'affranchit de la nécessité même de l'érotisme, des obligations de la pornographie - cette pornographie dont on l'a si facilement taxé pour le recouvrir d'un nuage de soufre et faire oublier qu'il a été un grand écrivain du bonheur de la chair. Deux essais, Le Bon Sexe illustré (1974) et L'Enfant au masculin (1980) tenteront de donner une forme plus réfléchie à sa vision du monde et de l'amour.
Il y avait chez Tony Duvert une ferveur vraie : celle pour la nature, au coeur surtout de Quand mourut Jonathan (1978) qui retrace l'amour d'un homme et d'un enfant. Cette relation prend l'aspect et le rythme d'une association biologique, comme si, à force d'entente et d'harmonie, ils devenaient tous les deux des plantes éliminant mutuellement les poisons nuisibles à l'autre jusqu'à ce qu'ils soient détruits et séparés par la société. Cette société que Tony Duvert semble rejoindre pour mieux la dénigrer, dans L'Ile Atlantique (1979), son roman le plus classique, presque naturaliste. C'est une sorte de comédie à la Marcel Aymé que Gérard Mordillat adaptera, en 2005, pour la télévision. Ensuite, Tony Duvert n'écrira plus de roman. Un anneau d'argent à l'oreille (1982) n'est qu'un lointain reflet, l'écho d'un adieu à cette forme littéraire.
En 1989, il publiera encore un Abécédaire malveillant, série d'aphorismes qui expriment toutes ses détestations - les prêtres, les philosophes, les parents. Mais on sentait qu'il avait perdu la joie de la provocation. Comme s'il avait compris que les temps lui seraient de plus en plus hostiles, qu'il ne pourrait plus ouvrir de paysage de fantaisie, avec sa seule phrase, sa musique presque barbare. Il s'est isolé dans ce petit village de Loir-et-Cher, très seul, démuni, ne recherchant même pas le secours des mots et n'entendant au loin, parfois, que les rires de ses anges païens.
2 juillet 1945
Naissance à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne)
1967
Publie "Récidive"
1969
Publie "Interdit de séjour"
1973
Prix Médicis pour
"Paysage de fantaisie"
1979
"L'Ile atlantique"
1989
Publie "Abécédaire malveillant"
Eté 2008
Mort
Jean-Noël Pancrazi
Article paru dans l'édition du 24.08.08
Mort de Tony Duvert..................................................
Culture
Tony Duvert, le corps délivré
Décès. Auteur de livres sans tabou dans les années 70, l’écrivain a été retrouvé mort mercredi.
éric Loret
QUOTIDIEN : samedi 23 août 2008
On rencontre un jeune homo lettré de 20 ans qui n’a jamais entendu parler de Tony Duvert, ni de Mapplethorpe, d’ailleurs, ni de Guibert. Il maîtrise en revanche assez bien son Dustan et son Pellerin. Question de mode. Un vieil ami hétéro ne se rappelle plus s’il a encore son exemplaire du Bon sexe illustré (1974), car il craint de l’avoir jeté pour éviter que ses copines ne tombent sur les photos d’enfants en érection qui ornent ledit ouvrage. Tony Duvert a donc bien fait de mourir, pour renaître, on l’espère, à la littérature. Ses textes (éditions de Minuit et Fata Morgana), viennent d’un temps où l’on ne croyait pas qu’un roman revenait exactement au même qu’un viol, une époque où les adultes se rappelaient avoir eu, vers 7 ou 8 ans, des désirs sexuels.
«Plaisir». En 1973, le Figaro pouvait donc écrire tranquillement, à propos de Paysage de fantaisie, que «de la perversion la plus vertigineuse, mystérieusement naît […] l’innocence». Bertrand Poirot-Delpech, dans le Monde, voyait dans l’autobiographique Journal d’un innocent (1976), une «ligne de partage [non pas] entre homosexuels et hétérosexuels, mais bien entre l’humanité et les cafards, ceux qui aiment le plaisir et les autres.»
Aujourd’hui, l’écrivain, l’éditeur et les journalistes littéraires sympathisants iraient tous en prison si de tels livres étaient publiés et chroniqués. Et pourtant, c’est plus de littérature qu’il est question chez Duvert, que de socratiser les petits enfants, en ce que la littérature est un outil politique. Ses premiers textes paraissent en 1967. Ecrits au couteau, brûlants, ils côtoient l’imaginaire d’un Augiéras ou d’un Guyotat. Roland Barthes, jury du prix Médicis en 1973, soutient et fait gagner ce jeune auteur de 28 ans contre Bernard Noël, pourtant son ami. On lui trouve des affinités avec le Nouveau Roman à ses débuts, il abandonne vers la fin l’expérimentation pour parler «la langue Guy des Cars»(entretien avec Guy Hocquenghem et Marc Voline dans Libération du 10-11 avril 1979). Voulant changer la vie, il estime qu’il faut être entendu par tous. La carrière littéraire de Duvert dure à peine plus de dix ans, avec une coda un peu décevante, l’Abécédaire malveillant (1989).
Première page de District, bref récit de 1967, revu en 1977: «Des camions. Des voitures. On dresse des maisons. On évacue des blessés. Le silence tombe, et la nuit. Certains ouvriers avaient la diarrhée, on les voyait s’accroupir dans un coin. Des enfants jouaient. Les jours passaient. Il y avait des tas de sable qui ressemblaient à des fourmilières géantes. Pour le ciment, pour les enfants. La crèche était construite, pas tout à fait. Elle n’avait pas de plancher, les enfants tomberaient, pas de cave, pas de sol, pas de terre : les enfants iraient en enfer.» Toute l’œuvre de Duvert est ainsi l’exploration déflagrante, tantôt célinienne, tantôt presque bourdieusienne, de l’enfer que Foucault, à la même époque, appelle le «biopouvoir», à savoir l’inscription du gouvernement dans le corps même de l’individu. Plus besoin d’interdire, la castration est désormais volontaire: ainsi les garçons sont-ils habitués «à avoir une chair dont les zones de jouissances se limitent à quelques grammes de viande tubulaire qu’ils peuvent envoyer en mission orgasmique, loin d’eux, sans même avoir à dénuder leur corps abstrait de sujet mâle»(in Journal d’un innocent).
Son cher sujet reste l’impossible relation entre adulte et enfant de sexes masculins (la transparence, comme chez Rousseau, est perdue) mais il déclarait dans le même entretien à Libé : «Je me désolidarise entièrement de la pédophilie telle que je la vois. Je reste entièrement solidaire des combats contre.» Si les mères représentent dans ses romans la rivale à détruire, sa haine se voue plutôt à la famille comme instrument du biopouvoir, et c’est une sorte de féminisme qui le pousse à vouloir tirer femmes et enfants du lit de Procuste de l’aliénation.
«Infirmes». S’il y a une guerre à mener, pensait-il, c’est«contre les droits culturels exclusifs de la famille, de plus en plus refilés à cette espèce de sous-produit humain en quoi les femmes sont changées. Et je dis que dans la mesure où la vie en société m’intéresse, je souhaiterais que les gens qui vont devenir adultes soient en contact avec des êtres moins infirmes que ceux qu’on a transformés en femmes. […]Le combat à mener, c’est pour que l’Etat et la sexualité n’aient plus le moindre rapport.» Comme on le sait, on passe aisément de Rousseau à Sade.
Le corps de Tony Duvert a été retrouvé mercredi dernier à son domicile de Thoré-la-Rochette (Loir-et-Cher), village où il avait rejoint sa mère en 1989. L’écrivain solitaire était décédé de mort naturelle depuis «au moins un mois», selon le parquet. Il avait 63 ans.
Mmmmm V'la les souvenirs qui se raménent -Le blues en profite pour s'installer........................................
-Petit vague à l'àme depuis tout à l'heure:ai retrouvé en faisant ma recherche pour quelques pubs de " Gai-Pied " à mettre dans ce journal une petite annonce à laquelle j'avais répondu lorsque j'avais 17 ans -Ma premiére tentative de vraie correspondance ( ai rencontré plusieurs fois le mec " en vrai " aussi ............................................... ) en anglais:un Américain de 43 ans,vivant à Paris,marié,, avec des enfants ,qui cherchait des Français de 17-19 ans pour sortir ensemble le dimanche AM ...................................................................
-Ne regrette pas de l'avoir rencontré ,et d'avoir ( durant la semaine................................... ) correspondu avec lui -Une véritable mise en pratique de mes cours d'anglais ,et puis, q'ù est-ce q'ù il était beau.........................................................................................................................^^
Playgirl, le magazine de nu pour femmes qui a tenu lieu d'ersatz à toute une génération de gays américains avant que n'apparaisse la presse érotique homo, cesse sa parution.
Le magazine, créé en 1973, annonce l’arrêt de son édition "papier" pour la fin de l’année. Le titre continuera d’exister dans une version Internet.
Autre commentaire d'internaute sur Libération.fr......................................................
Comparons un peu
Faisons une comparaison : aux Pays-Bas, eux aussi engagés en Afghanistant, nul n'ignore que des soldats néerlandais ont été envoyés là-bas. La question de l'opportunité d'y être est posée quasiment chaque semaine, elle a fait l'objet d'un nombre incalculable de débats pléniers publics au Parlement, où des ministres, convoqués par les députés (oui, convoqués, c'est comme ça aux Pays-Bas) ont eu à défendre leur politique. Surtout, la décision d'envoyer des soldats n'a pu se faire que parce qu'une majorité parlementaire (de peu) l'a acceptée lors d'un vote. La presse en parle sans arrêt et c'est pratiquement la question numéro 1 de politique étrangère lors des élections. Il est d'ailleurs fort probable qu'elle joue un rôle dévastateur pour le gouvernement actuel aux prochaines législatives. En revanche, en France, on n'en parle pratiquement jamais, la décision a été prise sans aucun débat, et quand le parlement en parle, c'est en commission restreinte et à huis clos... Mercredi 20 Août 2008 - 21:58
Commentaire d'un internaute sur Liberation.fr.........................................
Les mains dans les poches!
N.Sarkozy en tant que chef des armées devrait savoir que, chez les militaires, s'adresser à quelqu'un les mains dans les poche est un manque de respect flagrant pour son interlocuteur. Jeudi 21 Août 2008 - 05:35
Début de polémique sur la stratégie de la France en Afghanistan
Monde
Début de polémique sur la stratégie de la France en Afghanistan
Nicolas Sarkozy et des soldats français ce matin en Afghanistan. (Reuters)
Plusieurs responsables à gauche et quelques personnalités de la majorité remettent en cause la stratégie de la France en Afghanistan. Le gouvernement réplique et demande de respecter «le temps du deuil».
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 20 août 2008
Après le choc de la perte de dix soldats tués par les talibans, des responsables de gauche et quelques voix à droite réclament un changement de la «stratégie» de la France en Afghanistan, repoussé par l’exécutif et la majorité au nom de la lutte contre le «terrorisme».
«Si c'était à refaire»
A distance, Nicolas Sarkozy a aussitôt répondu à la polémique naissante. En visite-éclair dans la matinée à Kaboul auprès des troupes françaises, le chef de l’Etat a réaffirmé que dans ce pays «se joue une partie de la liberté du monde» et «se mène le combat contre le terrorisme». «Si c’était à refaire, je le referais» a t-il déclaré, défendant sa décision de renforcer le contingent français, annoncée en avril lors du sommet de l’Otan à Bucarest.
«les troupes françaises n'ont rien à faire en Afghanistan»
Mais ces propos n’ont pas convaincu l’opposition, qui a décidé de hausser le ton au lendemain d’une journée surtout vouée à l’émotion. «Il faut redéfinir la mission et lui fixer des objectifs précis», estime le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande.
Le député PS Pierre Moscovici évoque «une impasse militaire totale et durable». Et plaide pour une «réorientation de la stratégie» qui, de «purement militaire», devrait devenir «politique». Sans «infléchissement», «on va dans le mur», prévient l’ex-ministre socialiste de la Défense Paul Quilès, appelant à porter l’effort «essentiellement sur le civil».
Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, «exige le retrait immédiat des troupes françaises», condamnant la sale guerre en Afghanistan menée selon lui par le «duo Sarkozy-Bush». «il est grand temps d'arrêter cette folie meurtrière. Ce n'est certainement pas l'occupation militaire de l'Afghanistan par des troupes étrangères qui permettra de lutter contre la misère de tout un peuple, d'enrayer le développement de l'intégrisme ou de défendre réellement le droit des femmes».
La porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller considère que «les troupes françaises n'ont rien à faire en Afghanistan» et que l'intervention de l'Otan «ouvre le chemin d'un retour des talibans au pouvoir.»
Des voix dissidentes à droite
A droite aussi, quelques voix demandent un changement de stratégie. Pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République), sauf «changement radical» de la stratégie américaine, Paris doit «retirer ses troupes». Philippe de Villiers, président du MPF, s’est interrogé «sur la pertinence des choix effectués» par la France au sommet de Bucarest.
Et, dans les rangs même de l’UMP, le député Pierre Lellouche prône «une remise à plat de la stratégie de l’Otan», qui «est en train d’échouer».
Face aux critiques et à la demande de «débat» de la gauche, le gouvernement a voulu calmer le jeu. François Fillon invite le numéro un du Parti socialiste, François Hollande, à "respecter le temps du deuil",
Les ministres Hervé Morin (Défense) et Bernard Kouchner (Affaires étrangères) «se tiendront évidemment» à «la disposition des commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat», selon Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement.
Hervé Morin sera entendu par la commission Défense de l’Assemblée «lundi après-midi ou mardi matin», a indiqué son président, Guy Teissier (UMP). Selon lui, une «mission» confiée à Pierre Lellouche et François Lamy (PS) sera créée «dès les premiers jours de septembre». Elle devra «évaluer» la situation sur le théâtre afghan.
" Chaque chose en son temps "
L’armée se charge également de répondre à ces critiques naissantes. Le chef d’état-major de l’armée de terre a ainsi réagi à un article du Monde mettant en cause le commandement après la mort de dix soldats français dans une embuscade en Afghanistan, en estimant «il y a un temps pour la compassion, et un temps pour le retour d’expérience».
«Chaque chose en son temps, le Monde diffuse des informations qu’il estime devoir diffuser, ça le regarde… Il y a un temps pour la compassion, la solidarité, notamment avec les familles, nous tirerons les enseignements de cet évènement», a déclaré le général Elrick Irastorza.
Selon Le Monde daté de jeudi, des soldats blessés lors de l’embuscade ont mis en cause «la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination».
Monde
Afghanistan: des soldats français tués par des tirs alliés ?
Hélicoptères américains en Afghanistan. (image d'archives — Reuters)
L'Otan annonce une enquête sur les informations selon lesquelles les soldats français tués en Afghanistan auraient été touchés par des «tirs amis», en l'occurence de l'aviation alliée.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 20 août 2008
L’Otan va «examiner» des informations de presse selon lesquelles certains des dix soldats français tués lundi en Afghanistan auraient été touchés par des frappes aériennes de l’Alliance, a indiqué ce mercredi un de ses hauts responsables.
«Nous sommes au courant des informations dans les médias et nous devons les examiner», a déclaré ce responsable, assurant n’avoir pour l’instant «rien de substantiel pour confirmer ou démentir cette information».
Il a toutefois précisé que, dans un premier temps, les investigations pour établir le déroulement des faits seraient probablement faites par les autorités françaises.
Le quotidien français Le Monde a affirmé, en citant des témoignages de soldats blessés lors de l’attaque, que certains des soldats français tombés dans l’embuscade des talibans avaient été «touchés» par les frappes aériennes de l’Otan censées leur permettre de sortir de ce guet-apens, dits «tirs amis».
Selon le journal daté de jeudi, des soldats blessés lors de l’embuscade, interrogés à Kaboul, ont mis en cause «la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination», qui expliquerait le nombre de victimes. Selon eux, l’unité de reconnaissance tombée dans l’embuscade est restée sous le feu ennemi «pendant près de quatre heures sans renfort».
«Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas», a raconté un blessé. D’autre part, selon Le Monde, les frappes aériennes de l’Otan déclenchées pour secourir les unités attaquées ont «raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval».
«Chaque fois qu’il y a un incident de ce type, nous analysons ce qui s’est passé, un moment viendra où il faudra tirer les leçons professionnellement de cette opération» a précisé Erick Irastorza, le chef des armées.
«Chaque chose en son temps, le Monde diffuse des informations qu’il estime devoir diffuser, ça le regarde… Il y a un temps pour la compassion, la solidarité, notamment avec les familles, nous tirerons les enseignements de cet évènement», a-t-il déclaré, à l’aéroport d’Orly où il était venu accueillir avec le secrétaire d’Etat à la Défense Jean-Marie Bockel, 11 des 21 soldats français blessés lors de combats lundi contre les talibans.
Ma note personnelle n'était pas superflue..................................................... ! ! ! ! On commence déja à nous manipuler éhonteusement ! ! ! !
Axel Poniatowski (UMP) : "On est en guerre contre le terrorisme"
Axel Poniatowski, est président (UMP) de la Commission des affaires étrangères.
L'affrontement dans lequel ont péri dix soldats français témoigne-t-il d'un changement de nature de l'engagement des forces françaises en Afghanistan ?
J'étais en Afghanistan il y a six semaines, au moment du déploiement des nouvelles troupes. Il est clair que, par rapport à l'année dernière, la situation s'est dégradée. Les militaires français et étrangers, sur place, s'attendaient à une situation plus difficile : ils avaient découvert de nouvelles caches d'armes dans Kaboul et dans ses environs, ils avaient à faire face à des combattants nouveaux. Parmi les victimes relevées chez les talibans et Al-Qaida, deux sur dix seulement étaient des Afghans. Cela veut dire un début d'internationalisation du terrorisme sur place.
La France, en acceptant d'aller remplacer les deux bataillons américains dans la région de la Kapisa, savait que ses soldats s'exposaient beaucoup plus : c'est une des régions les plus dangereuses. Les militaires français le savaient.
Pourquoi cet aspect n'a-t-il pas été abordé lors du débat à l'Assemblée nationale ?
Il était probablement mal perçu par nous-mêmes. Jusqu'alors, la mission des Français, qui demeure, était fondamentalement de mener des actions de sécurisation et de contribuer à la formation de l'armée afghane, notamment des officiers.
Souhaitez-vous, dès lors, qu'il y ait une nouvelle définition de la mission des soldats français ?
Je souhaite trois choses. Premièrement, que l'on tire les leçons de ce qui s'est passé et que le ministère de la défense prenne des dispositions de sécurisation supplémentaires de nos militaires. Je ne suis pas sûr que l'on ait encore mesuré toute la dangerosité de la situation. Deuxièmement, il faut, avec nos alliés, que nous contribuions à la montée en puissance de l'armée afghane sur le terrain. Troisièmement, il faut intensifier la lutte contre la drogue, en élargissant la mission de l'OTAN à l'éradication des laboratoires de transformation de la drogue.
Cela veut-il dire que, au moment de l'envoi de nouvelles troupes dans des zones plus exposées, n'ont pas été mis en oeuvre les moyens appropriés aux risques encourus ?
L'armée française n'a pas été confrontée à ce type de situation depuis la guerre d'Algérie. On est en guerre en Afghanistan. On est en guerre contre le terrorisme.
Les soldats français et l'opinion publique, à travers sa représentation parlementaire, y étaient-ils préparés ?
On ne peut pas être préparé à avoir dix soldats tués. En revanche, les militaires français avaient mesuré la dangerosité de la situation à laquelle ils avaient à faire face. Leur reporting vis-à-vis du ministère de la défense était tout à fait transparent. Même l'ambassadeur nous l'avait dit, et lui-même faisait les rapports qu'il fallait. L'augmentation de l'insécurité avait été justement évaluée. Maintenant, il faut que tous les moyens, et donc des moyens supplémentaires, soient mis en oeuvre pour une meilleure sécurisation de nos militaires. Il est inconcevable de passer par pertes et profits la mort de dix soldats.
Cela doit-il entraîner un renforcement des troupes françaises engagées en Afghanistan ?
Je ne pense pas. Il s'agit plus d'un renforcement en matière de moyens matériels et de renseignement.
Comment le Parlement peut-il être amené à se saisir de l'évolution de la situation ?
Dès la rentrée parlementaire, la commission des affaires étrangères, avec la commission de la défense, va s'en saisir. Nous procéderons à la fois aux auditions et aux missions nécessaires. Maintenant, je ne suis pas de ceux qui disent qu'il faut rapatrier nos troupes. On est en guerre, il faut faire face à nos engagements.
Propos recueillis par Patrick Roger
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Jean-Marc Ayrault (PS) : "Le gouvernement doit venir s'expliquer"
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale.
Les pertes subies en Afghanistan marquent-elles, selon vous, un degré supplémentaire d'implication des troupes françaises dans ce pays ?
Nous avions demandé, au moment du débat à l'Assemblée nationale, en avril, que soit procédé à une évaluation de la situation avant tout envoi de nouvelles troupes. Les événements tragiques qui viennent de se produire exigent que cette évaluation soit faite avant d'aller plus loin. C'est ce que pensent d'ailleurs beaucoup de parlementaires, y compris de la majorité, qui eux-mêmes avaient émis quelques réserves sur cet engagement des forces françaises décidé unilatéralement par le président de la République. Ce qui nous avait conduits, compte tenu également de ses déclarations sur l'OTAN, à déposer une motion de censure.
Est-ce qu'à vos yeux on se rapproche d'une situation de guerre en Afghanistan ?
On peut l'estimer. Il faut bien mesurer toutes les conséquences de l'engagement de la France. Nous demandons la réunion d'urgence des deux commissions compétentes. D'abord, pour être informés précisément des circonstances dans lesquelles ce drame s'est produit et, ensuite, pour procéder à ce travail d'évaluation. En fonction des éléments dont nous disposerons, nous pourrons éventuellement demander une réunion du Parlement. Il n'y a pas de temps à perdre.
Estimez-vous qu'au moment du débat au Parlement, en avril, vous n'avez pas été correctement informés ?
C'est une décision qui a été prise par le président de la République. Il l'a fait, je l'imagine, en connaissance de cause. C'est dans ses compétences, certes, mais il en assume toutes les responsabilités. Maintenant il doit rendre compte. Le gouvernement doit venir s'expliquer devant les commissions de l'Assemblée nationale. Il faudra qu'il le fasse ensuite devant le Parlement. Nous sommes aussi dans notre rôle en demandant que le Parlement puisse exercer son contrôle. Il est regrettable que cela n'ait pas été fait plus tôt.
L'augmentation des risques auxquels sont exposés les soldats français pourrait-elle justifier l'envoi de moyens supplémentaires ou, au contraire, le rapatriement des troupes ?
Nous restons sur la ligne que nous avions exprimée lors du débat à l'Assemblée nationale. Sans évaluation préalable, tout engagement supplémentaire est dangereux. Il pourrait s'apparenter à une fuite en avant dont on ne mesurerait pas les conséquences.